31.05.2007

Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy

Villeneuve-la-Garenne, le 25 mai 2007



Monsieur le Président de la République,



Vous êtes ancien président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, et c'est la raison pour laquelle vous porterez, nous l'espérons, une attention particulière à ce courrier.

Nous travaillons dans le collège Georges Pompidou de Villeneuve-la-Garenne où des élèves grandissent dans des conditions tout à fait déplorables qui ne sont pas dignes de la République et encore moins du département le plus riche de France.

Avant les vacances de Pâques, nous avons multiplié les appels à l'aide relayés par les médias, notamment par le biais d'une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle. Avec l'aide des parents d'élèves, le collège a même été bloqué pendant une semaine, pour protester contre les conditions actuelles dans lesquelles nous devons enseigner, mais aussi en prévision des suppressions d'heures, de postes et de classes annoncés pour la rentrée prochaine. Ces baisses doivent même toucher plus rudement encore les classes d'enseignement adapté, les SEGPA, où se trouvent pourtant les élèves les plus en difficulté. Surtout, nous nous alarmions du manque de personnels de la vie scolaire puisque surveillants et CPE sont au nombre de 7 pour 670 élèves, soit un pour 100.

Nous n'avons hélas obtenu que des avancées matérielles (infirmerie et matériel informatique) et un nombre négligeable d'heures de cours hebdomadaires. Pour le reste, l'Inspection Académique nous a fait savoir qu'elle n'avait pas les moyens de nous donner plus.

Or, de tristes événements la semaine dernière sont venus, hélas, confirmer notre vive inquiétude. Vendredi 11 mai, en pleine cours de récréation, un élève de 6ème a été victime d'un « petit pont massacreur » et a été battu par une dizaine d'élèves. La veille, une élève de 3ème, âgée de 15 ans, a subi des violences sexuelles d'une extrême gravité dans l'enceinte même de l'établissement, à 11 heures du matin.

Que faut-il de plus pour que nos revendications soient enfin entendues ? Nous sommes en zone d'éducation prioritaire mais quelle priorité est véritablement donnée à ces élèves qui grandissent déjà dans des conditions extrêmement difficiles?

Selon nous, la solution passe par un investissement financier et la présence de personnels qualifiés et reconnus et non pas par la présence de policiers dans les établissements scolaires.

En vous remerciant de l'attention que vous porterez à cet appel au secours, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, nos respectueuses salutations,




Le personnel mobilisé de Villeneuve-la-Garenne

Les commentaires sont fermés.